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Xynthia, Var, Côte d'azur : Le Sénat dénonce des manquements

Publié par Documentissime le 08/07/2010 | Lu 1379 fois | 0 réaction

Aujourd'hui, jeudi 8 juillet 2010, les sénateurs Bruno Retailleau (NI, Vendée), et Alain Anziani (PS, Gironde) présentent le rapport de la mission commune d'information sur les conséquences de la tempête Xynthia. Ce rapport tente de tirer toutes les conséquences des événements climatiques extrêmes survenus ces derniers mois. Afin que les inondations soient prévenues et maîtrisées, les sénateurs proposent 92 mesures visant à développer la culture du risque en France. Les parlementaires de la Haute Assemblée en sont convaincus, les conséquences tragiques de la tempête Xynthia et des évènements du Var auraient pu être évités.

Dans la nuit du 27 au 28 février 2010, une partie de la France était dévastée par la tempête Xynthia qui a essentiellement touché les régions de l’ouest, notamment la Vendée et la Charente-Maritime.

La France, encore en émoi après cette catastrophe, a été confrontée à un nouvel évènement climatique. En effet, le 4 mai dernier, des vagues hautes de parfois six mètres ont frappé le littoral azuréen, occasionnant d'importants dégâts matériels, mais sans faire de victime. Ce gros coup de mer a provoqué d'importants dommages sur les installations des plages de Nice et de Cannes, quelques jours avant le Festival de Cannes. 

La série noire s’est poursuivi les 15 et 16 juin 2010, lorsque le département du Var a été à son tour dévasté par de fortes inondations, qui ont essentiellement touché les villes de Draguignan, des Arcs, de Vidauban et du Cannet-des-Maures.

La catastrophe a laissé derrière elle des villes meurtries et des habitants résignés qui ont eu l’impression que tous les enseignements tirés de la tempête Xynthia n’avaient pas été retenus. Pour faire toute la lumière sur les conditions de ces évènements, la mission commune d'information sur les conséquences de la tempête Xynthia, que préside M. Bruno Retailleau (NI-Vendée), et dont M. Alain Anziani (Soc-Gironde) est le rapporteur, a présenté aujourd’hui son rapport.

 

Aménager le littoral

 

Conformément à l’annonce faite par le gouvernement, « l'ensemble de la France » doit faire l’objet d’une cartographie minutieuse afin de délimiter des zones rouges qui ne pourront plus faire l’objet de constructions. Cette nouvelle carte établie à horizon 2011, devrait pallier le fait que les actuels Plans de Prévention des Risques (PPR) « sous-estiment le risque » et ne prennent pas en compte le changement climatique. La mission propose également la création d'un secrétariat général de la mer et du littoral, rattaché au premier ministre, pour mener un triple chantier : prévenir le risque, protéger les espaces naturels et relancer l'activité économique diurne.  

 

Les digues étaient au centre de la polémique après la tempête Xynthia, elles doivent être aujourd’hui contrôlées et recensées selon le rapport. Les sénateurs optent pour un « plan national de défense contre la mer ». Ce plan prévoit la remise en état des digues endommagées par la tempête Xynthia, et ce avant les grandes marées d'équinox.

La rénovation de la moitié des digues de France coûterait 3,5 et 4 milliards d'euros. Un coût, qui selon le rapport, serait pris en charge à 50 % par l'État. Afin d’assurer un financement à long terme, les sénateurs proposent de moduler la taxe locale d'équipement sur les permis de construire en fonction du risque, les populations protégées payant de ce fait une contribution à leur protection contre la mer.

 

Respecter les règles d’urbanisme

 

Il n’est pas question de construire n’importe où pour les sénateurs. Le risque de submersion marine doit faire l’objet d’une meilleure prise en compte. « Outil majeur », le nombre de plans de prévention des risques d'inondation doit être sensiblement augmenté. La mission propose par ailleurs d'instaurer un contrôle de légalité systématique des permis de construire dans les zones à risque.

Ce contrôle est aujourd’hui trop peu opéré par les préfectures. Bruno Retailleau prône à ce titre la fin du principe du permis tacite, selon lequel le silence de l'administration vaut acceptation.

 

Instaurer une culture du risque en France

 

La situation est très préoccupante en France. La secrétaire d'État à l'Écologie, Chantal Jouanno, a rappelé que « le nombre de catastrophes augmente dans le monde comme en France : on dénombra vingt-trois très grandes catastrophes en 2001 à travers le monde, quarante-trois en 2007, et cette augmentation devrait se confirmer sur le long terme ».

Il est donc indispensable, pour les sénateurs, de sensibiliser les Français, notamment par des exercices d'évacuation ou la création d'une Journée de prévention du risque. Il faudrait, selon eux, également penser à revoir le système d’alerte, notamment en modernisant les 5 000 sirènes publiques et en mettant en place l’envoi de SMS de masse.

Outre la population, les sénateurs estiment que les élus locaux doivent être mieux avertis du risque, qu’un bulletin de vigilance lisible et gradué selon la dangerosité doit être envoyé par les préfectures. Enfin, le contenu du message doit également être adapté à la situation. En effet, les messages ayant conseillé aux habitants de se calfeutrer chez eux lors de la tempête Xynthia ont parfois été mortels…