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Le « Roi de la belle » et l'ancienne juré : Procès en appel de Ferrara

Publié par Documentissime le 14/10/2010 | Lu 5903 fois | 0 réaction

L'évasion commando de Ferrara est jugée en appel devant la cour d'assises de Paris depuis mardi. « Nino » est apparu souriant et décontracté à l'audience. Hier, le ministère public avait cité à comparaitre Mlle H., qui était juré lors premier procès. Elle avait ensuite écrit à l'accusé, avant de mettre fin à leur relation épistolaire. Sa déposition s'est révélée providentielle pour la défense.

Comme si c’était hier : « la belle »

Le 12 mars 2003, à 4 h 15 du matin, une dizaine d'hommes armés prennent d'assaut la maison d'arrêt de Fresnes, et font sauter l'un des portails avec des explosifs. Objectif : libérer Antonio Ferrara. L’erreur fatale : celui-ci oublie portable dans sa cellule.

La « spécialité de « Nino » ? L'attaque de fourgons blindés.

En première instance, en 2008, Antonio Ferrara avait été condamné à 17 ans de réclusion criminelle.

Son procès en appel se tient depuis mardi devant la cour d’assises de Paris.

Comme si vous y étiez : l’appel

Elle a une formation de pilote de ligne. Elle était juré au premier procès de Ferrara. Elle avait ensuite écrit à l’accusé, avant de mettre fin à leur relation épistolaire pour « ne pas avoir de problèmes dans (sa) vie privée et professionnelle ». Elle a été citée par le parquet pour témoigner.

Au premier procès, juré, elle était tenue au secret des délibérations. En appel, elle avait juré la vérité.

Dialogue avec le parquet :

- Pourquoi avez-vous écrit à M. Ferrara?

- Je n'ai pas très bien vécu le premier procès. C'était une forme de soulagement.

- N'avez-vous pas eu le sentiment d'avoir été plus ou moins manipulée?

- Absolument pas.

- Diriez-vous que le premier procès s'est déroulé dans des conditions sereines ?

- Non.

Me Pascal Garbarini, avocat de Dominique Battini, remue le couteau dans une plaie déjà largement ouverte :

- Comment qualifieriez-vous l'ambiance de ce premier procès ?

- De malsaine.

De l’art de poser les bonnes questions, Me Bernard Ripert, pour Hamed Illouli, n’a plus qu’à se délecter des dernières réponses :

- Y a-t-il eu des tentatives de manipulation pendant le délibéré?

- C'est à l'appréciation de chacun. Il se trouve que ma mère et ma grand-mère ont eu l'occasion d'être jurées. Nous avons eu toutes les trois le même sentiment.

- Lequel?

- Celui que lors du délibéré, huit personnes sur dix finissent par penser pareil que la personne la plus forte.

- Qui est cette personne?

- Je ne peux rien dire là-dessus.

- Vous avez parlé d'une atmosphère malsaine...

- Je pense que les jurés devraient être séparés des magistrats professionnels, [délibérer] seuls dans une pièce.

Un délice pour la défense, qui s’est régalée de ce témoignage providentiel.

L’audience continue, Antonio Ferrara demande la parole. A Mlle H.: «Je voulais m'excuser du tort que je vous ai causé. Ce n'était pas mon intention. Je sais que vous avez agi par compassion, car vous êtes à cheval sur vos principes. Ce serait vous faire injure que de prétendre que vous êtes manipulable, c'est évident: au bout de sept ans de quartier d'isolement, j'ai un peu de pif... (Aux douze jurés) A la fin de l'audience, j'espère que je pourrai vous donner mon adresse, parce qu'il y en a certains que je sens bien ».

Des assises cordiales en agréable compagnie somme toute.


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