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Journée du Don d'organes : Que faut-il retenir ?

Publié par Documentissime le 22/06/2010 | Lu 5705 fois | 0 réaction

Aujourd'hui, mardi 22 juin, est la journée du don d'organes. L'occasion de rappeler qu'en moyenne, chaque année, 15.000 personnes attendent une greffe et que seules 4.400 d'entre elles ont la chance d'en bénéficier. Une carence due en grande partie à la réticence des proches et des français en général face au don d'organes. Car, si plus de la majorité des personnes déclarent vouloir donner leurs organes, au moment du décès les proches du défunt refusent souvent qu'il soit prélevé.

Le don d’organes est toujours anonyme et gratuit. 

Selon la loi bioéthique de 1994, relative au don et à l’utilisation des éléments et produits du corps humain, tous prélèvements peuvent être effectués après le décès du donneur s’il ne s’est pas expressément opposé, de son vivant, au don de ses organes. C’est ce qu’on appelle le « consentement présumé ». 

Concernant la répartition des organes donnés, les priorités médicales et les déplacements géographiques auxquels seront soumis les greffons sont pris en compte. En effet, il faut savoir que certains patients inscrits sur la liste d’attente des dons, sont prioritaires, notamment les enfants, les personnes dont la vie est menacée à court terme…


Qui peut donner ?

Il n’y a pas d’âge pour faire don de ses organes, ni de conditions de santé. Dans tous les cas, les médecins sont seuls juges de l’opportunité du prélèvement. Néanmoins, il paraît évident qu’un cœur est rarement prélevé sur une personne de plus de 60 ans ; alors qu’un prélèvement de reins ou du foie de cette même personne ne pose aucun problème. Ainsi, 30,5% des greffés rénaux ont des greffons provenant de donneurs de plus de 60 ans. En 2009, 3,5% des donneurs avaient moins de 17 ans, 30% de 18 à 45 ans, 32,1% de 46 à 60 ans et 34,4% plus de 60 ans.

Concernant les donneurs mineurs, il faut savoir que l’autorisation de leurs parents ou tuteurs légaux est obligatoire. 


Faire un don de son vivant…

En France, il est possible de faire don de ses organes de son vivant, mais seulement pour un malade faisant partie de son cercle familial proche. Ce type de don est généralement pratiqué pour le don de rein.

Pour effectuer un tel don, trois conditions doivent être réunies :

Il faut tout d’abord que le donneur et le receveur soient unis par un lien familial. Le donneur doit donc être le parent, le frère ou la sœur du malade qui attend une greffe. Par extension, depuis la loi de bioéthique de 2004, les grands-parents, les oncles et tantes, les cousins germains, le mari ou la femme ou toute personne vivant depuis au moins deux ans avec le malade peut lui faire don d’un organe. 

Il faut ensuite que le donneur et le receveur soient le plus compatibles possible en ayant, par exemple, le même groupe sanguin. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les membres de la famille très proche sont les mieux placés pour faire don de leurs organes ; ils sont génétiquement semblables.

Enfin, il faut que le donneur soit réellement libre de faire don de ses organes, en toute connaissance de cause. Pour s’en assurer, le donneur est informé, par son médecin, des enjeux et des risques qu’il prend en subissant une telle opération. On s’assure également qu’il n’ait pas subi de pressions de la part de quiconque ; qu’il est bien libre dans son choix. Il passe ensuite des examens de santé et sa candidature est soumise à un comité d’expert, appelé « comité donneur vivant ». 


Signaler qu’on est donneur…

Dire à ses proches qu’on est donneur est important car, en cas de décès brutal, c’est à eux que l’équipe médicale s’adressera pour connaître la volonté du défunt.

Vous pouvez également vous munir d’une carte de donneur qui manifeste votre volonté de faire don de vos organes en cas de décès. Sachez que, même si possédez cette carte, l’équipe médicale devra consulter vos proches avant de réaliser un quelconque prélèvement. En effet, si une personne décédée n’est pas inscrite dans le registre national de refus, l’équipe médicale doit se renseigner sur les intentions du défunt.

Pour demander votre carte de donneur, cliquez sur ce lien ou appelez le 0 800 20 22 24 (numéro vert).


Signaler qu’on refuse tout prélèvement…

Si vous êtes opposé à tout prélèvement d’éléments de votre corps après votre mort, vous pouvez également, dès l’âge de 13 ans, vous inscrire sur un registre appelé « registre national des refus ». Ce registre ayant valeur légale, si votre nom y figure, aucun prélèvement ne pourra être pratiqué sur vous.

Vous trouverez le formulaire d'inscription en cliquant sur ce lien.

 

Le formulaire d’inscription au registre national des refus doit être imprimé complété et renvoyé à l’Agence de la biomédecine accompagné d’une photocopie lisible de votre carte d’identité.


Pourquoi une telle réticence à donner ses organes ?

Les raisons pour lesquelles le don d’organes n’est pas populaire sont aisées à comprendre. En effet, le contexte dans lequel on demande à une famille si le membre qui vient de décéder avait exprimé son opposition à tout prélèvement alors qu’il était en vie, n’est pas le plus joyeux ni le plus propice.

Il est d’autant plus difficile de prendre la décision de donner les organes d’un défunt lorsque ce dernier se trouve sous respirateur artificiel, son cœur battant grâce à des machines et donnant une apparence paisible. Ses proches doivent alors prendre conscience qu’il est réellement décédé et que, de ses organes, dépendent la vie d’autres personnes malades.

De manière générale, pour que le don d’organe avance, il est nécessaire que les français prennent conscience de l’importance d’exprimer officiellement leur opinion de leur vivant. Pour ou contre le don d’organes, peu importe, l’important est d’exprimer clairement son opinion afin que les proches ne se trouvent pas démunis, au décès, face aux interrogations des médecins. 


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