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Décès d'une personne interpellée à Colombes : Taser arme du crime ou pas ?

Publié par Documentissime le 02/12/2010 | Lu 6411 fois | 0 réaction

La polémique sur l'armement de la police revient sur le devant de la scène suite au décès, dans la nuit de lundi, d'un homme de 38 ans ayant reçu deux décharges d'un pistolet à impulsions électriques, dit « Taser » au cours de son interpellation à Colombes, dans les Hauts-de-Seine. Avant tout constat hâtif sur la dangerosité du Taser, le directeur de Taser France, Antoine di Zazzo, déclarait attendre anxieusement les résultats de l'autopsie. Hier après midi, les premiers résultats sont tombés : rien ne prouve encore avec certitude que ce sont les décharges du Taser qui ont été fatales pour la personne interpellée, ce dernier aurait succombé « d'une asphyxie aiguë et massive par inhalation de gaz puisque du sang a été retrouvé dans ses poumons ». On attend une expertise complémentaire.

Taser : arme létale ou pas létale ?

L’été dernier, Documentissime avait attiré l’attention des lecteurs sur l’utilisation du Taser par la police municipale, qui à l’époque faisait déjà polémique.

Le Ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux avait annoncé à l’époque qu’il signerait le décret autorisant le port de Taser par la police municipale, à la suite de la mort d’une policière le 20 mai dernier.

Le décret en question « relatif à l’armement des agents de police municipale », autorisant le port de Tasers, avait été publié au Journal officiel le 28 mai 2010.

Le Taser doit être une arme alternative au pistolet, plus efficace que les matraques de type       « bâton de défense » ou « tonfa », mais permettant de maitriser une personne sans risque de la tuer.

Or, dans la nuit du lundi à mardi, compte tenu de la mort d’un homme en situation irrégulière qui aurait dû approcher la quarantaine, l’utilisation du taser est remise en cause.

Toutefois, après les premiers résultats, rien n’indique pour l’instant si la personne est morte des suites des décharges portées par le taser.

Selon le parquet de Nanterre, la victime a pu tout aussi bien mourir du fait des gaz lacrymogènes tirés par les policiers ou par les violences, au cours de l’interpellation.

« Il n'y a pas de cause certaine, unique et absolue du décès » commente le parquet de Nanterre, ayant en mains les conclusions provisoires de l'autopsie.

Quant au médecin légiste il affirme également que l’heure n’est pas encore aux certitudes : « ces résultats doivent être complétés par une expertise toxicologique et un examen des organes ».

Brice Hortefeux vient au secours de ses policiers

C’est le premier décès dont la cause pourrait venir du Taser. Le ministre Brice Hortefeux rappelle que cette arme a été utilisée sur « plusieurs millions d'interventions», par la police et la gendarmerie et utilisée à « 822 reprises».

Les chiffres viennent donc en aide aux policiers de Colombes.

Le ministre de l’intérieur défend également ses policiers par le biais de la légitime défense : «D'après les premiers éléments, il apparaît que (...) les policiers ont été contraints d'utiliser le pistolet à impulsion électrique», a-t-il dit.

Face à la violence de la personne interpellée, les policiers de Colombes auraient tout aussi bien pu utiliser les armes de services. «Les conditions de la légitime défense étant réunies […] les policiers ont fait le choix de l'usage du Taser », avait indiqué le second syndicat de gardiens de la paix, « Alliance ».

 Le Taser et ses détracteurs

« Brice Hortefeux défend l'indéfendable et se comporte en VRP  de la société Taser », comme bien souvent Olivier Besancenot ne pratique pas la langue de bois et dans un communiqué, il fait part de son indignation dans cette affaire. L’homme politique avait d’ailleurs été poursuivi pour diffamation par la société important en France le Taser.

Par ailleurs, le sénateur du Tarn-et-Garonne a réclamé à nouveau : « la mise en place d'une commission d'enquête parlementaire sur le Taser », qui avait déjà été sollicitée par ce dernier en 2008.

Enfin le président du groupe PCF/PG au Conseil de Paris estime pour sa part qu’ : « Il est scandaleux que cette arme, vendue comme pistolet antibavures par excellence ou  encore à létalité réduite se trouve une nouvelle fois au cœur de la polémique (...) Nous n'attendrons pas ses conclusions (de l’enquête après le décès à Colombes) pour demander dès maintenant que la dangerosité de cette arme soit, enfin, officiellement reconnue et son usage remis en cause ».


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