Réforme du conge parental: à prendre et à laisser!

Publié par Samira MEZIANI le 17/09/2013 - Dans le thème :

Vie familiale

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Réforme du conge parental: à prendre et à laisser!

Par Samira MEZIANI,  Avocat au Barreau de Paris

Tel: 0760781905  Email: sammeziani@yahoo.fr

Une réforme censée inciter les pères à s’investir plus auprès de leur(s) enfant(s).

Une réforme censée favoriser le partage des responsabilités parentales.

En ont t ils réellement besoin d’être “INCITES”?

Quels sont les impacts de cette réforme?

Les mesures seraient:


            - Pour les parents d’un premier enfant, la durée actuelle de 6 mois serait complétée d’une période supplémentaire de 6 mois accordée au second parent

- Pour les parents de deux enfants et plus, la durée actuelle de 3 ans est maintenue mais en son sein, 6 mois reviennent au second parent.

Le communiqué de presse de l’UNAF (Union Nationale des Associations familiales) est très explicite.

Plusieurs points sont relevés :

- Les pères ont toujours et veulent toujours respecter la place des mères durant une période nécessaire voire vitale entre l’enfant et là mère : à la naissance.

L’enfant a un besoin physiologique, biologique et psychologique auprès de sa mère.

La mère a porté l’enfant durant 9 mois ; à la naissance, l’enfant est allaité par la mère.

Les premiers moments font de la relation nourrisson-mère, une relation privilégiée.

Les pères ne l’ont jamais nié, bien au contraire.

Les pères savent cependant langer, donner le biberon (…).

S’ils ne savent pas, la mère bien souvent montre au père les gestes à avoir. Précisons aussi que les mères, à la naissance de leur enfant, sont bien entourées par la sage-femme, des infirmières qui apprennent à donner le bain, à porter le bébé (…). Certes, instinct maternel mais aussi beaucoup d’instruction durant 9 mois et à la naissance.

On ne peut reprocher au père, comme c’est souvent le cas devant les tribunaux, de ne pas savoir donner un bain à un nourrisson...

Comme le relève l’UNAF, la presence paternelle “trouve toute sa pertinence plus tard, c’est à dire plus au moment de l’enfance que de la naissance à proprement parler. Ils vivent leur paternité dans une logique de complémentarité avec la mere et non de substitution”.

Les pères ne veulent pas être des mères; seulement avoir une identité de père auprès de l’enfant, la mere et les Tribunaux.

Cette réforme, sur ce point, n’a aucun sens.

- La réforme va créer des pertes financières et plonger la famille dans un précarité nouvelle.

Au regard du contexte de crise économique actuel, de incomprehension voire du rejet du role du père dans l’éducation des enfants par les pouvoirs publics, par les entreprises (…); prendre un conge parental c’est risquer de perdre son emploi; c’est risquer une baisse de revenus.

Le risque est de stigmatiser davantage les pères.

A la naissance de leur enfant, les couples n'ont pas besoin de ça.

- Cette réforme semble instaurer un conge parental par obligation.

Ce n’est pas ce que veulent les pères. Ils veulent de la souplesse dans l’intérêt de la famille. Un intérêt financier, moral et d'équilibre au sein du couple.

Sur le principe d’allongement de 6 mois du conge parental; on dit oui mais pas de cette manière; pas par contrainte et pas au risque de créer une précarité quasi-certaine.

Les pouvoirs publics semblent avoir des œillères,  les pères n'ont pas besoin d'être incités à s'engager dans leur paternité. Ils le clament déjà haut et fort. Cette réforme, maladroite, prouve qu'ils ne sont toujours pas compris.

Aussi, il serait interessant d’avoir le point de vue des meres concernées par cette réforme.

Lien à consulter:

http://www.unaf.fr/IMG//pdf/cp17-reforme_du_conge_parental___ce_que_veulent_les_peres.pdf

http://www.gouvernement.fr/gouvernement/en-direct-des-ministeres/reforme-du-conge-parental