Pesticide Régent : les abeilles n'auront pas gain de cause

Publié par Documentissime le 07/09/2010 | Lu 6566 fois | 2 réactions

La cour d'appel de Toulouse a confirmé le non lieu rendu à Saint-Gaudens dans l'affaire du Régent. Ce pesticide est accusé par les apiculteurs de causer la mort des abeilles et d'être nocif pour l'Homme. La Confédération Paysanne dénonce « un déni de justice » et envisage de se pourvoir en cassation contre la décision rendue par la cour d'appel de Toulouse. Un communiqué du syndicat déplore que « les victimes du Régent TS, personnes intoxiquées et apiculteurs dont les ruches ont été décimées n'ont pas pesé lourd dans la balance de la justice »…

Le délibéré

Annonce de la Confédération paysanne : la cour d'appel de Toulouse a confirmé dans son délibéré du 2 septembre le non-lieu rendu le 30 janvier 2009 pour Bayer et BASF dans l’affaire du pesticide Régent, accusé de provoquer une surmortalité des abeilles.

L'avocat de Bayer France a indiqué que « Bayer était satisfait de cette décision et tranquille sur la suite de la procédure ».

La Confédération paysanne, qui avait dénoncé en 2009 un « non-lieu pour une non justice », a déjà annoncé qu'elle se pourvoirait en cassation contre la décision de la cour d'appel de Toulouse.

Le débat

Le Régent est un insecticide neurotoxique systémique. Il sert à protéger le maïs d’un insecte qui se nourrit des racines : le taupin, une sorte de coléoptère. Il contient une molécule qui s'attaque au système nerveux de l'insecte et le détruit.

Les apiculteurs soupçonnent fortement le Régent (et le gaucho, un pesticide similaire) d'être responsable de la mort de nombreuses abeilles.

Ils dénoncent une dépopulation des ruches, et des problèmes de fertilité. Selon la Confédération paysanne et l'UNAF, « en 2002 et 2003, 90 % de certaines ruches ont été éliminés quand les abeilles ont butiné des tournesols dont les semences avaient été enrobées de Régent ».

Plusieurs études ont été réalisées. L’étude multifactorielle des troubles des abeilles provenant du comité scientifique et technique publiait en 2008 des résultats « préoccupants » qui « ne permettent pas d'exclure des risques inacceptables ».

Le ministère de l'agriculture dans un communiqué de presse du 4 septembre 2003 annonçait que « c'est la première fois qu'un lien explicite a pu être établi entre la mise en culture de semences enrobées d'un produit phytosanitaire et d'une mortalité massive d'abeilles ».

Le mot de la fin

« Si l'abeille venait à disparaître de la surface du globe, l'homme n'aurait plus que cinq années à vivre. »

Citation apocryphe attribuée à Albert Einstein