Papa est-ce que tu 'aimes? maman, tu même hein?

Publié par Samira MEZIANI le 31/01/2011 | Lu 6744 fois | 1 réaction

Ces mots sont ceux d'enfants qui ont besoin d'être rassuré par leurs parents, qui ont besoin d'amour de leurs deux parents. C'est l'intérêt de l'enfant qu'il faut protéger. Cette notion qui peut paraître obscure pour beaucoup, professionnels et parents, que signifie - t- elle concrètement?

Papa est-ce que tu m'aimes?..cette phrase terrible traduit le manque profond que ressent un enfant vis à vis de son père qu'il voit (malheureusement) en moyenne une fin de semaine sur deux (... des pères soit dit en passant  ne peuvent en profiter lorsqu'ils font les déplacements, lorsque les enfants sont à l'école le samedi...),  et la moitié des vacances selon la majorité des décisions de justice...sauf meilleur accord entre les parents lorsque cela est possible...

Maman tu m'aimes hein?...traduit le sentiment de l'enfant qui a détecté et compris que ses parents se séparents et se déchirent.

Et moi?? et moi??? et moi???!...et le bout'chou dans tout ça? où est son intérêt? avec papa ou maman?

................et si on réfléchissait autrement?!! pourquoi ne pas favoriser et respecter ses repères quel que soit son âge pour fixer sa résidence?!

 

    A mon sens et loin des notions juridiques obscures, l’intérêt primordial est pleinement satisfait avec papa ou maman dès lors que le parent fait preuve de:

  • sa capacité à assumer ses devoirs au quotidien et à respecter la place de l'autre parent
  • par la vie personnelle de l’enfant qui vit et évolue pleinement dans son milieu initial pour préserver ses repères, ses habitudes de vie  

L’intérêt de la petite ou du petit est incontestablement mieux préservé par l’organisation matérielle et affective que  lui offre le parent dès lors qu’il permet à celui-ci de bénéficier de la présence parentale et de perpétuer le rythme et la stabilité des conditions de vie équilibrantes .

L'intérêt de l'enfant est préservé si le parent lui offre un niveau de vie plus que suffisant pour permettre son développement physique, mental, spirituel, moral et social (Voir convention de New York),  un environnement sécurisant, sain, propre, stable, harmonieux et calme à l’enfant.

Faut-il attendre que l'enfant puisse s'exprimer avec assez de discernement devant un juge - une épreuve de plus pour un enfant - (article 388-1 du code civil), c'est à dire à partir de 9 ans en moyenne? Pourquoi agir si tardivement ?

  Si tout cela

A quand la véritable égalité parentale fondée sur le respect prioritaire des droits de l'enfant?

Samira MEZIANI

Avocat à la Cour

sammeziani@yahoo.fr