Cabinet : Maître HADDAD Sabine
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Prescription de l'indemnité d'occupation
Vie familiale
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Présentation : l'article 815.9 alinéa 2 du code civil définit l'indemnité d'occupation ainsi: "L'indivisaire qui use ou jouit privativement de la chose indivise est, sauf convention contraire, redevable d'une indemnité". Cette indemnité de « l'occupant » sera due principalement au profit de l'indivision. C'est à ce moment que la prescription quinquennale qui lui est prend effet,laquelle sera due jusqu'au jour du partage. Dans cet article j'analyserai la prescription et son décompte.
L'indemnité d'occupation représente le montant que devra verser l'occupant des lieux, le dédommagement versé à l'indivision pour l'occupation d'un bien.
Elle est due jusqu'au jour du partage et compense la perte des fruits et revenus que subi cette indivision, du fait de l'occupation.
Pour un appartement, par exemple, les fruits et revenus sont les loyers
Elle trouvera sa source tant dans l'indivision que dans l'article 815.9 alinéa 2 du code civil :
"L'indivisaire qui use ou jouit privativement de la chose indivise est, sauf convention contraire, redevable d'une indemnité".
Ainsi diverses situations pourront la concerner :
- Lorsque le divorce devient définitif, elle sera due jusqu'au jour partage ;
- Lorsque le bail sera résilié amiablement ou judiciairement, elle prendra le relais du loyer et s'imposera à l'occupant sans droit ni titre ;
- Plus généralement, pour tout occupant même autorisé judiciairement lorsque l'indivision prend fin.
Comment fonctionnera la prescription quinquénale qui lui est applicable ?
I- Sur les arriérés dus en vertu d'un jugement de condamnation
A) Les textes
L'article 815-10 al 3 du Code civil dispose:
Aucune recherche relative aux fruits et revenus ne sera, toutefois, recevable plus de cinq ans après la date à laquelle ils ont été perçus ou auraient pu l'être.
L''indemnité d'occupation devra être réclamée à défaut d'accord amiable, par voie judiciaire au par le biais du dépôt d'une assignation ou citation, avant l'expiration de ce délai, ou par le biais de conclusions.
Cet acte permettra d'interrompre le délai de la prescription de 5 ans ( Un nouveau délai de 5 ans commençant à courir de nouveau)
Même analyse si le débiteur de l'indemnité l'admet ( ex dans le PV de difficultés notarié lorsque le partage amiable n'a pu aboutir)
Qu'en est-il de l'action du bailleur au paiement des indemnités d'occupation par une personne occupante droit ni titre ( ex suite à la résiliation judiciaire de son bail.) ?
B) La jurisprudence
Pour les tribunaux, tout créancier, qui demande paiement d'une indemnité d'occupation par voie judicaire ou contractuelle à un occupant sans droit ni titre, qu'elle soit périodique, mensuelle ou globalement sera soumis à la prescription abrégée de cinq ans.
Citons quelques arrêts:
3eme Civ, 24 mars 1998 a jugé pour un bail qui envisageait une indemnité contractuelle préalablement au double du loyer, en cas d'occupation sans droit ni titre que celle-ci constitue une demande périodique soumise à la prescription quinquennale du Code civil (art. 2277)
Pourtant 3ème Civ, 26 novembre 1997 avait que l'action en paiement du bailleur d'une indemnité d'occupation contre un occupant sans titre, trouve son fondement dans l'application de l'article 1382 du Code civil et se prescrit par dix ans comme toutes les actions en responsabilité quasi contractuelle (écartant la prescription de l'art 2277 code civil)?
Ass Plén, 10 juin 2005 pourvoi n°03-18922 allant dans le sens de 1ère Civ,5 mai 1998 Defrénois 30 novembre 1998 n°22 p.1381 a jugé que la prescription abrégée s'applique à l'action en paiement de l'indemnité d'occupation.
Mais attendu que si le créancier peut poursuivre pendant trente ans l'exécution d'un jugement condamnant au paiement d'une somme payable à termes périodiques, il ne peut, en vertu de l'article 2277 du Code civil, applicable en raison de la nature de la créance, obtenir le recouvrement des arriérés échus plus de cinq ans avant la date de sa demande ;
3ème Civ, 8 novembre 2006, pourvoi N° 05-11-994 : la durée de la prescription quinquénnale est déterminée par la nature de la créance.
En définitive, tout créancier, qui demande le paiement de l'indemnité d'occupation à un occupant sans droit ni titre, est concerné par la prescription abrégée de cinq ans, indépendamment du fait que cette indemnité est exigible au titre d'une clause du bail (Cass. Civ. III : 5.2.03) ou suite à une décision de justice, et peu importe que le paiement sollicité par le créancier soit celui d'une indemnité mensuelle ou globale.
II- Qu'en est-il d'une demande d'indemnité d'occupation formulée au-delà des 5 ans ?
1ère Civ, 15 mai 2008, BICC n°688 du 1er octobre 2008.
L'ex-épouse qui prétendait à une indemnité pour l'occupation du bien immobilier dont elle était propriétaire et qui avait formé sa demande plus de cinq ans après la date à laquelle le jugement de divorce avait acquis force de chose jugée, n'était en droit d'obtenir qu'une indemnité portant sur les cinq dernières années précédant sa demande. (date de la délivrance de l'assignation par huissier.)
1ère Civ,28 octobre 2009 pourvoi n° 08-19.182
"Selon les articles 815-9, alinéa 2 et 815-10,
alinéa 2, du Code civil, dans leur rédaction antérieure à la loi n° 2006 728 du
23 juin 2006, lorsqu'un ex-époux forme une demande en paiement d'une indemnité
d'occupation plus de cinq ans après la date à laquelle le jugement de divorce a
acquis force de chose jugée, il n'est en droit d'obtenir qu'une indemnité
portant sur les cinq années qui précèdent sa demande, sauf les cas
d'interruption ou de suspension de la prescription.
En l'éspece une cour d'appel a jugé qu'une
indemnité d'occupation est due sur une période allant du 1/06/1996 au
31/07/2004 parce que la prescription quinquennale avait été interrompue
par un PV de difficultés du 20 février 2003 et du 8 décembre 2004.
Cassation au motif que les deux procès-verbaux sont
signés plus de cinq ans après la date à laquelle le jugement de divorce avait
acquis force de chose jugée.
Dans ce cas une indemnité ne pouvait être revendiquée que sur les cinq dernières années précédant sa demande, la cour d'appel a violé, par fausse application, les textes susvisés."
Prenons un exemple concret :
Un divorce est définitif le 20 avril 2007.
Si l'indemnité d'occupation est réclamée le 25 juillet 2012, (date de l'assignation); elle ne pourra viser que la période allant du 25 juillet 2007 au 25 juillet 2012.
Demeurant à votre disposition.
Maître HADDAD Sabine
calimero75 a écrit le 25/06/2012 à 22:03:15
La JAF a statué sur une occupation à titre onéreux lors de l'ordonnance de non conciliation : ce qui signifie que je devrai verser une indemnité d'occupation à mon futur ex-époux.
Dans votre article, vous précisez que cette indemnité vient "compenser la perte des fruits et revenus que subi cette indivision, du fait de l'occupation.
Pour un appartement, par exemple, les fruits et revenus sont les loyers"
Ayant souscrit un prêt à taux zéro lors de l'acquisition du bien, il est interdit de le louer.
Où est donc la perte des fruits et revenus ?
Cet argument permettrait-il le non versement de cette indemnité ?
Si cette indemnité est effectivement due, la base de calcul est-elle la valeur locative figurant sur l'avis de taxe d'habitation ?
Cordialement
airsoft a écrit le 02/07/2012 à 10:52:39
cyclamen a écrit le 18/07/2012 à 13:08:18
michelle a écrit le 29/11/2012 à 19:11:06
Claire a écrit le 25/01/2013 à 05:22:47
Nous sommes propriétaires à 50/50 du domicile conjugal.
A la suite d'une assignation en divorce datant de Mai 2012 le juge m'a attribué le domicile conjugal à titre onéreux sans que soit fixée le montant. parce que je n'avais plus d'emploi.J'ai fait appel de cette décision qui a néanmoins été maintenue.
pendant la première année les enfants étaient en garde alternée.à partir de 2010 la garde alternée a cessé et les enfants ont vécu avec moi.
Le divorce est prononcé depuis mai 2012 et mon ex mari a été condamné à payer une PC.Il n'a pas fait appel mais m'assigne devant le JEX sous prétexte que je lui dois une indemnité d'occupation et que j'empêche la vente de la maison, ce qui est faux.
J'ai signé plusieurs mandats de vente qu'il refuse de signer.
En agissant ainsi il me force à m'endetter encore plus vis à vis de lui (je suis au RSA).
J'ai des preuves (mails) qu'il veut me faire chanter (signer un accord dont il serait l'auteur)en me menaçant de m'asphyxier financièrement
Que puis-je faire pour éviter une vente aux enchères (ce qui dévaloriserait ma part du bien) .
Compte tenu des preuves que j'ai sur son attitude puis-je demander une exonération de cette indemnité d'occupation alors que j'en avais été déboutée lors de l'appel de cette décision à l'ONC?
Merci infiniment de vos conseils.
bourdier a écrit le 25/01/2013 à 05:24:18
delaissé a écrit le 17/02/2013 à 15:02:29
mimoy a écrit le 13/03/2013 à 10:43:16
Nous sommes en indivision à 50/50.
Nous avons un prêt dont nous sommes caution solidaire et que nous réglons pour moitié chacun.
Nous ne sommes ni mariés ni "pacsés".
Il y a plusieurs mois, j'ai été contrainte de quitter mon domicile. Le lendemain de mon départ, je me suis rendue à la gendarmerie faire un "procès-verbal de renseignements judiciaires" dans lequel j'ai exposé les faits et attesté que je quittais le domicile conjugal.
J'aurais aimé savoir :
- Si je devais refaire un "RJ" ou une main courante où ne figure que mon départ ou bien si le "RJ" que j'ai déjà fait est suffisant pour officialiser la date de prise d'effet de l'indemnité de privation de jouissance du bien ?
- Si cette indemnité est subordonnée au règlement du prêt ou bien au fait que je sois propriétaire et quelles sont les conséquences sur cette indemnité si je ne peux plus régler ma part de crédit ?
- Sur la base de quel montant est-elle calculée ?
Merci par avance pour les renseignements que vous voudrez bien m'apporter.
soleil47 a écrit le 22/03/2013 à 12:41:25
Alain Trebor a écrit le 23/04/2013 à 09:59:40
Nono a écrit le 04/05/2013 à 14:17:56
methodique a écrit le 14/05/2013 à 16:14:06




Plus de détails
nous vivions en union libre. nous avons un bien en commun et 2 enfants.nous avons décidé de nous séparer en juin 2011: monsieur est parti chez ses parents et je suis restée dans l'appartement avec nos enfants tout en sachant que monsieur a garder les clés de celui ci refusant de me les rendre .il vient garder les enfants régulièrement a la maison.l'appartement est vendu et je dois quitter les lieux en mai 2012.il me réclame une indemnité d'occupation des lieux.
il continue a payer 40%du crédit +la moitie des frais de copropriété
une pension alimentaire a été déterminée en nov 2011 par un jaf et j'ai obtenu la garde des enfants.
ma question est de savoir si monsieur a le droit de me réclamer cette indemnité même si je n'avais pas la jouissance exclusive ?si oui a partir de quel date et jusqu’à quand?aucun document écrit ne fait état de sa demande,doit elle être pris en compte?
je ne trouve aucun article concernant ce thème pour des personnes non maries.
je compte sur votre aide pour m’éclairer
cdlt