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Retraites : adoption du projet de réforme des retraites sur fond de critique

Publié par Sarah SOMATRI le 23/07/2010 | Lu 1583 fois | 3 réactions

Hier, jeudi 22 juillet 2010, après trois jours de débats, les députés membres de la commission des Affaires sociales de l'Assemblée Nationale ont adopté la réforme des retraites, défendu par Eric Woerth, ministre du Travail. Ce projet prévoit de porter l'âge légal de la retraite de 60 à 62 ans d'ici 2018, et de relever de 65 à 67 l'âge permettant d'obtenir une retraite à taux plein, quel que soit le nombre de trimestres cotisés. Cependant, l'examen du volet « pénibilité » a été repoussé à la rentrée. La définition de ce terme provoque le débat car, pour les syndicats, il est impensable que les pathologies à retardement ne permettent pas de bénéficier de la retraite à taux plein à 60 ans, au lieu de 62.

Projet de loi adopté en commission


Eric Woerth s’est réjoui que cette étape ait été « franchie avec succès ». Selon lui, le gouvernement a été suivi, malgré les désaccords qui existent entre la majorité et l’opposition.

Dans le même sens, Pierre Méhaignerie, président UMP de la commission, a déclaré : « c’est la première fois que je vois un débat aussi long mais aussi sérieux, avec une vraie confrontation des idées, dans un climat globalement serein avec quelques moments passionnés ».

Pourtant, du côté de l’opposition, le discours n’est pas le même.

Ainsi, Marisol Touraine, socialiste, a déclaré avoir assisté à « trois jours de confrontation extrêmement rudes, extrêmement difficiles ». « Il a fallu que les socialistes poussent des coudes pour imposer (…) leurs propositions sur les retraites. Le climat a été très souvent tendu, très souvent conflictuel et nous avons eu le sentiment de nous heurter à un mur ».

Le porte-parole des députés PC, Roland Muzeau a également déclaré que « la majorité et l’UMP ont fait bloc pour interdire tout débat. L’exigence d’un immense mouvement social se trouve légitimé par ces trois journées de dupes ».

Une déclaration qui annonce le mouvement de grève de grande ampleur qui devrait avoir lieu dès le mois de Septembre.

Zoom sur la pénibilité au travail

Dans son projet de réforme des retraites, le gouvernement a inséré un volet « pénibilité » dont l’étude « en concertation avec les partenaires sociaux » a été repoussée à la rentrée. Cet examen devrait avoir lieu « en concertation avec les partenaires sociaux » mais le débat est déjà lancé.

Pour rappel, à l’heure actuelle, le projet de loi prévoit que « les assurés dont l’état de santé est dégradé à la suite d’expositions à des facteurs de pénibilité liés à des contraintes physiques marquées, à un environnement physique agressif ou à certains rythme de travail » pourront partir à la retraite à taux plein à 60 ans, au lieu de 62.

Pour cela, l’assuré devra justifier être atteint d’une incapacité d’au moins 20%, ayant donné lieu à l’attribution d’une rente pour accident du travail ou maladie professionnelle, suite à une visite médicale.

Ainsi, au moment de leur départ à la retraites, les assurés devront donc déjà être « physiquement usés » pour pouvoir bénéficier de l’exception due à la pénibilité au travail.

Or, comme l’affirme Mireille Chevalier, médecin du travail et secrétaire générale du Syndicat National des Professionnels de la Santé au Travail (SNPST), on ne peut pas savoir à l’avance que l’on va développer un cancer ou être victime d’un infarctus…

Le gouvernement ne prend donc pas en compte les facteurs provoquant des pathologies à retardement alors qu’ « il faudrait que les personnes exposées à ces risques bénéficient d’un temps de retraite en bonne santé comparable aux autres salariés », a déclaré Gérard Rodriguez, conseiller confédéral chargé des retraites à la CGT,

Les syndicats souhaitent que la définition de ce qu’est la pénibilité soit basée sur des facteurs connus pour réduire l’espérance de vie de certaines catégories de travailleurs mais ils n’espèrent pas grand-chose de la part du gouvernement qui n’a, pour l’instant, accepté aucune remise en cause de son projet de loi, qui sera examiné en séance publique par les députés, à partir du 7 septembre 2010.


Les derniers commentaires (3)
encyclopedia a écrit le 23/07/2010 à 13:08:10
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en fait, c'est très simple : travailler plus pour crever plus vite...ça coûtera pas un rond mais ça va augmenter le chômage chez les jeunes. Va-t_il falloir les tuer aussi ?
gisele a écrit le 23/07/2010 à 20:23:38
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tu as tres bien parle que faut il faire une chose est sure septembre tout le monde a la manif
françoise a écrit le 26/07/2010 à 11:49:58
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cette réforme est terrible pour les jeunes. mais qu'attendent-ils pour descendre dans la rue. à chaque manif, je fais le constat 60 % d'actifs de plus de 40 ans, 30% de retraités et 10 petits % de jeunes !!