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La cour des comptes dénonce le coût et le remboursement des soins dentaires

Publié par Documentissime le 13/09/2010 | Lu 6500 fois | 0 réaction

Selon l'enquête « Santé et protection sociale » de l'Institut de recherche et documentation en économie de la Santé, l'IRDES, 63% des français renoncent aux soins dentaires, et ce, bien plus pour des raisons financières que par peur du bistouri. En effet, dans son rapport sur la sécurité sociale publié mercredi dernier, le 8 septembre 2010, la Cour des comptes dénonce les coûts trop élevés et opaques des soins dentaires, ajoutés aux faibles remboursements des frais engagés par les patients.

Selon l’enquête de l’IRDES, une personne sur sept habitant la France métropolitaine déclarait en 2006 avoir renoncé à des soins pour des raisons financières au cours des douze derniers mois.

En 2008, d’après les comptes nationaux de la santé, le montant des dépenses de soins dentaires atteignait 9,65 millions d’euros.

Ces dépenses représentent 5,7 % de la consommation de soins et biens médicaux mais seulement 2,5 % des remboursements de la sécurité sociale.

Aujourd’hui, la sécurité sociale ne prend plus à sa charge que le tiers des dépenses dentaires, contre plus de la moitié en 1980. Elle rembourse en particulier seulement 18% des soins prothétiques, à savoir les prothèses dentaires, qui sont les plus coûteux.

A titre d’exemple, selon des tarifs relevés en 2008, les praticiens facturent une couronne métallique au moins 275 euros, et jusqu'à 760 euros pour la même prothèse en céramique.

La sécurité sociale, quant à elle, ne rembourse que 75 euros.

Pour citer un autre exemple, la prothèse pour un bridge de trois éléments coûte au patient jusqu'à 2 290 euros et l’assurance maladie ne lui remboursera que 195 euros.

Ainsi, en France, les soins dentaires sont devenus presqu’un luxe, ce qui est d’autant plus alarmant que ces soins ne sont généralement pas des soins de confort.

Il existe deux raisons principales au désengagement financier de l’assurance maladie :

  • Près de la moitié des honoraires remboursables subissent un dépassement tarifaire,
  • Le nombre d’actes non-remboursables ne fait qu’augmenter.

Face à ce constat, la Cour des comptes indique que l’accès aux soins en France doit constituer un enjeu majeur.

Pour ce faire, il faudrait par exemple revoir tout le système de tarification des soins dentaires, devenu obsolète, selon la Cour des comptes et réduire les dépassements d’honoraires.

La Cour préconise notamment de donner plus de poids aux mutuelles pour discuter les devis avec les dentistes, d'élargir le rôle des assistantes dentaires à certains soins simples (comme les détartrages) et de collecter des informations fiables sur les prothèses importées et posées, et le montant des marges réalisées.

Cependant, il existe un point positif sur lequel la France, n’a pas à rougir : celui-ci tient au nombre de praticiens.

En effet, toujours selon la Cour des comptes, les inégalités ne sont pas dues à une insuffisance en nombre de dentistes, puisqu’avec 41 000 chirurgiens-dentistes en exercice, la France est au-dessus de la moyenne européenne, comptabilisant 65 dentistes pour 100 000 habitants.

Néanmoins, les dentistes sont en réalité très mal répartis sur le territoire français. Les statistiques de l’Ordre National des Chirurgiens Dentaires (ONCD) font apparaître des inégalités importantes de densité de chirurgiens-dentistes selon les régions, qui vont du simple au double (de 39 praticiens pour 100 000 habitants en Picardie à 89,7 en PACA) et du simple au quadruple à l’échelon départemental (de 35,7 dans la Somme à 138,8 à Paris).

De plus, l’offre apparaît proportionnellement plus développée au sud qu’au nord, à l’exception de l’Ile-de-France, de l’Alsace et de la Bretagne et les chirurgiens-dentistes préfèrent s’installer dans les pôles urbains où l’offre se densifie, au détriment des communes rurales où elle diminue (à peine plus de 20 praticiens pour 100 000 habitants, contre plus de 80 dans les agglomérations de plus de 200 000 habitants).


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