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Faux seins : la sécu prendra en charge les implants défectueux

Publié par Documentissime le 30/09/2010 | Lu 6170 fois | 0 réaction

Roselyne Bachelot, Ministre de la santé, a annoncé que l'Etat prendrait en charge tous les frais liés aux prothèses mammaires dangereuses dans l'affaire PIP. Le scandale avait éclaté il y a quelques mois, par une inspection menée suite aux nombreuses ruptures des implants mammaires pré-remplis de gel de silicone fabriqués par la société Poly Implant Prothèse (PIP). L'Afssaps a fait état de résultats pour le moins alarmants, qui ont confirmé la faible résistance de la prothèse et la nocivité du gel à l'intérieur. 30 000 femmes en France pourraient être concernées.

Les résultats de l’Afssaps

Suite à une augmentation du nombre de signalements d’incidents de ruptures de prothèses mammaires fabriquées par la société PIP, l’AFSSAPS avait inspecté les locaux de la société. Cette inspection avait mis en évidence l’utilisation d’un gel de silicone différent de celui qui avait été déclaré lors de la mise sur le marché.

Le 29 mars 2010, l’Afssaps avait suspendu l’utilisation des implants mammaires concernés et recommandé leur retrait si une rupture de l'enveloppe était suspectée.

Les analyses conduites entre juin et septembre sur le produit de PIP font état de résultats pour le moins alarmants, qui ont confirmé la faible résistance de la prothèse et la nocivité du gel compris l'intérieur.

En effet, l’enveloppe se romprait dans 10% des cas (1% pour un produit conforme), et en moyenne 5 ans après la pose des implants mammaires (contre dix ans normalement).

En conséquence, l'Afssaps recommande à toutes les femmes concernées un examen clinique et une échographie tous les 6 mois. Toute rupture ou suspicion de rupture devrait également conduire au retrait des deux prothèses.

3 000 femmes seraient concernées sur les 30 000 femmes implantées en France. Selon le Ministre de la santé, « 20% relèvent de la chirurgie réparatrice suite à un cancer du sein et 80% de la chirurgie esthétique ».

Ce qui sera pris en charge par la sécu

La Ministre de la santé a annoncé que l'Etat prendrait en charge tous les frais liés aux prothèses mammaires dangereuses.

Toutes les femmes concernées seront prises en charge pour « les échographies, les analyses, la désimplantation de ces prothèses non adaptées ainsi que les examens de contrôle et qui suivront la période opératoire », et ce y compris pour celles opérées pour des motifs purement esthétiques, a précisé Roselyne Bachelot.

Pour les femmes opérées dans le cadre d'une chirurgie réparatrice après un cancer du sein, la Sécurité sociale remboursera aussi la nouvelle prothèse. La société PIP fournissait 16 des 18 centres anticancéreux de France.

Ces dispositions ne font pas l’unanimité, et pour l'association de défense des porteuses de prothèses PIP (PPP) notamment, tous les implants PIP devraient être retirés immédiatement et remboursés. Le Dr Dominique Courtois explique cette position : « la sécurité, c'est de les enlever. Le seul problème actuellement est un problème financier ». En effet, une telle intervention chirurgicale peut se chiffrer à plusieurs milliers d'euros…

Et après ?

517 plaintes ont été déposées contre la société PIP.

Une enquête préliminaire a été ouverte au pôle de santé publique du parquet de Marseille pour « faux et usage de faux, publicité mensongère et tromperie sur les qualités substantielles d’un produit, mise en danger de la vie d’autrui ». Selon Le Parisien un juge d'instruction spécialisé dans le domaine de la santé publique devrait être désigné pour s’occuper du dossier.

La société PIP exportait 90% de sa production. En Grande-Bretagne et en Espagne, des enquêtes sont également en cours.

La société PIP, qui comptait 116 salariés, a été mise en liquidation judiciaire le 30 mars 2010. Sa reprise dépendra des conclusions de l’enquête.

L’article 223-1 du Code pénal énonce que « le fait d’exposer directement autrui à un risque immédiat de mort ou de blessures de nature à entraîner une mutilation ou une infirmité permanente par la violation manifestement délibérée d’une obligation particulière de sécurité ou de prudence imposée par la loi ou le règlement est puni d’un an d’emprisonnement et de 15.000 euros d’amende. »


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