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Clotilde Reiss : Espionne ? Objet de chantage ?

Publié par Documentissime le 19/05/2010 | Lu 5228 fois | 0 réaction

Clotilde Reiss, une universitaire de 24 ans, a été libérée ce dimanche 16 mai 2010, après plusieurs mois de détention en Iran, alors qu'elle était accusée d'avoir participé à des manifestations contre la réélection du président iranien Mahmoud Ahmadinejad et d'atteinte à la sécurité nationale de l'Iran. Arrêtée en juillet 2009, elle était assignée à résidence à l'ambassade de France à Téhéran.

L’histoire d’une passionnée persane

L’été dernier, Clotilde Reiss, jeune diplômée Sciences Po d’origine persane, était retrouvée dans la prison d'Evin, au nord de Téhéran, emprisonnée au même titre que les manifestants contre la réélection du président iranien Mahmoud Ahmadinejad. Accusée notamment d’atteinte à la sécurité nationale de l’Iran, elle s’était retrouvée dans le box des accusés au cours du procès qui avait débuté le 8 août 2009. A la mi-août, elle était assignée à résidence à l’ambassade de France à Téhéran, et n’en est sortie que ce week-end, à l’issue de négociations entre l’Elysée et l’Iran.

 

Un long processus de libération

La jeune universitaire est arrivée dimanche 16 mai 2010 à l’aéroport de Villacoublay (Yvelines) suite à sa libération par l’Iran. Cette remise en liberté semble être le résultat d’une médiation et de l’intervention de différentes personnalités politiques. En effet, le président de la République Nicolas Sarkozy a remercié pour leurs aides dans ce conflit, le président du Brésil, Luiz Inacio Lula da Silva, le président du Sénégal Abdoulaye Wade, et le président de la Syrie Bachar al Assad.

Alors que Clotilde Reiss était assignée à résidence, à l’ambassade de France depuis le mois d’août 2009, elle a été libérée en contrepartie du paiement d’une amende de 3 milliards de rials, soit environ 245 000 euros, réglée sur le champ. Cette amende correspondrait au montant de la caution versée le 16 août 2009, lors de son assignation à résidence.

 

Les critiques du président sénégalais Abdoulaye Wade

Selon les affirmations du président sénégalais Abdoulaye Wade, la libération de Clotilde Reis est le résultat de sa médiation. Il ajoute que la jeune femme aurait pu être libérée plus tôt. En effet, la situation de la jeune femme a été prise en charge par des collaborateurs du président de la République Nicolas Sarkozy, à savoir Jean-David Levitte et Claude Guéant. Abdoulaye Wade explique sur RTL qu’il a commencé le dialogue avec l’Iran dès septembre 2009 et qu’André Parant, conseiller spécial de l'Elysée lui a demandé de ne plus s’occuper du cas de Clotilde Reiss car le gouvernement français disposait d’un autre contact. « En mars dernier, le président Sarkozy m'a demandé de reprendre ma médiation. Voilà pourquoi on aurait pu gagner six mois», affirme-t-il.

 

Clotilde Reiss en échange de deux prisonniers iraniens ?

La libération de la jeune universitaire intervient en même temps que les affaires concernant deux iraniens Majid Kakavand et Ali Vakili Rad. Cette coïncidence éveille les soupçons d’un échange officieux intervenu entre la France et l’Iran, afin de libérer un patriote française. En effet, Majid Kakavand, un ingénieur iranien que les autorités françaises n’avaient pas souhaité extrader aux Etats-Unis, a été récemment  libéré; il est rentré en Iran le 7 mai 2010.

Quant au second prisonnier, Ali Vakili Rad, surnommé le « tueur au couteau », il a fait l’objet d’une libération conditionnelle, aujourd’hui 18 mai 2010. Il avait été condamné en 1991 pour l'assassin de l'ex-Premier ministre iranien Chapour Bakhtiar. Après avoir purgé une peine de sûreté de 18 ans en France qui s’est terminé en juin 2009, il est aujourd’hui libéré. Le ministre Brice Hortefeux a signé lundi 16 mai 2010 son arrêté d’expulsion.

Alors que certains s’interrogent sur la simultanéité de ces libérations réciproques, le Ministre des Affaires étrangères et européennes Bernard Kouchner assure qu’il n’existe « aucun rapport entre ces deux affaires iraniennes traitées par la justice française et la libération de notre otage ». Même l’avocat d’Ali Vakili Rad, Me Sorin Margulis affirme qu’il ne faut pas voir cette situation comme un échange.

 

Des soupçons concernant l’identité de Clotilde Reiss

Pierre Siramy, Maurice Dufresse de son vrai nom, ancien sous-directeur de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) a affirmé dimanche 16 mai 2010, que Clotilde Reiss faisait partie de la DGSE. Selon lui, elle était en charge de collecter des « informations de nature de politique intérieure et sur la prolifération nucléaire ». Elle se serait engagée par patriotisme et aurait été découverte par les autorités iraniennes grâce à ses correspondances électroniques en juillet 2009. Cependant, le porte-parole du Ministère des affaires étrangères, Bernard Valero, a démenti hier l’implication de l’universitaire dans les services secrets.

Trois jours après sa libération de Clotilde Reiss, le doute continue de planer : Espionne ? Objet de chantage ou de compromis ? Au vu du secret entourant les conditions de sa libération, il est peu probable que l’Elysée lève un jour le voile…


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