Bilan manifestations, grèves : Le gouvernement compte les coûts, les jeunes continuent de porter les coups

Publié par Documentissime le 26/10/2010 | Lu 6253 fois | 2 réactions

Malgré les revendications des français, la loi de réforme des retraites est en route vers son adoption définitive. Hier, la commission mixte paritaire s'est employée avec succès à établir un texte commun aux deux assemblées parlementaires. Aujourd'hui les sénateurs devraient voter la version définitive du texte. Demain on attend le dernier vote de la réforme des retraites par les députés. Selon le conseiller social de Nicolas Sarkozy, elle devrait être définitivement promulguée autour du 15 novembre 2010 en cas de recours devant le Conseil constitutionnel. La réforme des retraites aura coûté au gouvernement du temps mais aussi de l'argent, chiffré à plusieurs centaines de millions d'euros ! Cependant, à l'heure où tout semble se débloquer, les étudiants résistent …

 

La réforme des retraites : hors de prix pour le gouvernement

 

« ça commence à coûter cher, c'est une crise dont la France n'a pas les moyens de se payer le luxe », a déclaré hier le ministre du Budget François Baroin à propos des manifestations suite à la réforme des retraites.

 

Ces manifestations et grèves, qui ont paralysé tout le pays depuis deux semaines, coûtent très cher au gouvernement : « entre 200 et 400 millions d'euros par jour » selon la ministre de l'Economie Christine Lagarde.

 

Pour les syndicats, le prix de la réforme n’est que le corollaire de la résistance abusive du Président de la République, qui n'a entendu faire aucune concession.

« Il faut envoyer la facture au président de la République, c'est quand même lui qui est responsable de ça » avait affirmé le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly.

 

Préjudice financier grevé d’un préjudice moral pour la France, qui souffre d’une mauvaise image à l’étranger depuis les évènements survenus en marge des manifestations.

 

 

Vers un retour à la normale ? Les grévistes semblent se disperser

 

Les éboueurs reviennent, les trains retournent sur les rails, les raffineries rouvrent leurs portes …

Une embellie sur le climat social en France ?

 

Du côté des éboueurs, hier FO a voté la fin de la grève de la collecte des ordures à Marseille, ville dans laquelle l’hygiène commençait à être menacée et les risques d’incendies menaçants …

C’était 10.000 tonnes d'ordures qui s’étaient accumulées depuis quinze jours à Marseille. Selon le syndicat FO, « Le travail doit reprendre mardi matin ».

La préfecture des Bouches-du-Rhône n’aura donc pas besoin de réquisitionner du personnel gréviste.

 

Quant à la SNCF, elle promet aujourd’hui une « poursuite de l'amélioration de tous les trafics », avec environ :

  • 9 TGV sur dix,
  • 7 TER sur 10
  • 3 Transilien en Ile-de-France sur 4.
  • 2 Corail de jour sur 3
  • Un trafic normal sur Eurostar et Thalys.

 

Enfin quant aux raffineries, aujourd’hui, selon le ministre de l’énergie, Jean-Louis Borloo, quatre stations sur cinq seront en état de fonctionnement.

Les raffineries de Reichstett, Fos-sur-mer (Bouches-du-Rhône) et Gravenchon (Bas-Rhin) ont voté la reprise du travail mais les autres poursuivent la grève.

La grève des dépôts de carburant  n’aura pas été onéreuse uniquement pour l’Etat, les consommateurs ont également dû supporter des coûts de carburants plus élevés qu’à la normale de par l’abus de certains pompistes.

 

Au vu du déblocage, il semblerait que les pouvoirs publics aient donc su endiguer les débordements de la grève face à la réforme des retraites.

 

A ce sujet, les casseurs ont été sanctionnés et hier le Tribunal administratif a confirmé la légitimité des préfets dans la réquisition du personnel gréviste. En effet, le Tribunal administratif de Melun a jugé que la réquisition préfectorale des salariés de la raffinerie Grands puits n’était pas constitutive d’une atteinte au droit de grève et a rejeté le recours des grévistes.

 

 

Les étudiants continuent seuls le combat ?

 

Les syndicats ne s’avouent pas vaincus et appellent à deux autres journées d'action, jeudi, puis samedi 6 novembre.

Mais en attendant,  les étudiants souhaitent maintenir la pression aujourd’hui même et entendent bien profiter de leurs vacances pour poursuivre la mobilisation.

Le syndicat étudiant, l'Unef, a appelé ce mardi 26 novembre les étudiants à manifester dans toutes les villes de l’hexagone !

Le président du syndicat étudiants a en effet déclaré que « Ce n'est ni une journée-test ni un baroud d'honneur. Le but est de faire le lien avec la mobilisation des salariés et de passer le cap des vacances ».

 

Le chemin de la réforme des retraites en route vers son adoption définitive

 

Il semblerait que le gouvernement eût souhaité faire passer en force la réforme des retraites.

Fin septembre, le gouvernement n’entendait même pas s’entretenir avec les syndicats à propos du texte.

Seulement, le gouvernement pourra à compter de demain constater le vote définitif de son texte sur les retraites. Aujourd’hui, c’est au Sénat d’adopter la version définitive de la réforme, demain il appartiendra aux députés de la voter.