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L'indemnisation des enfants victimes d'un traumatisme cranien

Publié par Christine CERVERA-KHELIFI le 05/07/2011 - Dans le thème :

Assurance

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ACCIDENTS :

L'INDEMNISATION DES ENFANTS VICTIMES D'UN TRAUMATISME CRANIEN

Les traumatismes graves de l'enfant représentent le tiers de la mortalité infantile, et la première cause de décès après 1 an.

L'enfant subit le même impact que l'adulte. Mais sa taille et son poids sont inférieurs. C' est un « bilboquet » : une grosse tête sur un cou immature et un petit corps. L'enfant n'a pas le réflexe de protection, il tombe presque toujours sur la tête.

L'enfant n'est pas un petit adulte, son cerveau est en développement. Les lésions cérébrales  chez l'enfant peuvent :

-          Faire disparaître un acquis,

-          Entraver  et / ou retarder des acquisitions

1.       Le cerveau en développement :

 La majorité des neurones sont en place avant la 24e semaine d'aménorrhée, et un grand pourcentage va déjà disparaître avant la naissance.

C'est pendant les premiers mois de la vie, quand la plasticité cérébrale est au plus haut degré, que se produise le plus d'événements concernant la spécialisation hémisphérique : interactions entre la spécialisation hémisphérique biologiquement programmée et l'environnement qui joue un rôle essentiel dans sa confirmation et sa stabilisation. Autre période riche en changement : l'adolescence.

La plasticité cérébrale est la capacité des structures cérébrales de se développer de manière variée, de s'adapter ou changer en réponse à des stimulations de l'environnement. Elle se traduit par des modifications du nombre de neurones, de leur forme et de leurs connexions. Elle est plus forte pendant le développement mais elle présente tout au long de la vie. Toutes les aires du cerveau ne se développent en même temps. En premier le lobe frontal, si  celui-ci se développe en premier, c'est aussi celui qui se développe le plus longtemps. 2° lobe pariétal. 3° lobe occipital. 4° lobe temporal.

Exemple de Victor l'enfant sauvage : un enfant isolé des humains n'arrive pas apprendre à parler normalement même s'il n'est pas sourd et si physiologiquement il pourrait le faire. Par contre,  un enfant sourd qui a appris un langage pour apprendre à parler car les connexions de la syntaxe seront activées.

La plasticité cérébrale est plus forte pendant le développement.

Sans stimulation au bon moment, certaines fonctions cognitives ne pourront pas se développer normalement.

2.       Les séquelles constatées à court terme  (à moins d'un an du traumatisme crânien)

Ø  Des séquelles cognitives

Chez des enfants avec traumatisme crânien on constate souvent : des problèmes de mémoire, lenteur la désorganisation dans l'exécution des tâches, difficultés de langage en particulier le problème pour trouver les mots, difficultés de concentration, manque de flexibilité dans le raisonnement.

On va observer des troubles : du quotient intellectuel, du langage, de la mémoire, de l'attention, et des fonctions exécutives.

§  QI : chez l'adulte baisse du QIV (quotient intellectuel verbal : vocabulaire, compréhension, arithmétique, mémoire des chiffres… ) suite à une lésion gauche, baisse du QIP (Quotient intellectuel de performances : Cubes, complètement d'images, labyrinthes, assemblages d'objets…) suite à une lésion droite

Chez l'enfant c'est différent. On assiste à une chute des deux aspects liés à la gravité du traumatisme crânien .

§  Langage : il n'y a peu d'aphasie signalée mais des troubles dans les autres aspects (lecture, écriture, épellation et calcul). L'un des problèmes souvent signalés concerne la fluence et l'aspect pragmatique du langage : vitesse pour parler, pour trouver les mots.

§  Attention : on signale très souvent des problèmes attentionnels chez les enfants. Ces problèmes représentent l'un des facteurs les plus importants qui interfèrent avec les apprentissages.

§  Mémoire : en général, on assiste à des troubles importants de la mémoire en fonction de la gravité du traumatisme crânien.

Il y a de plus en plus d'études sur la mémoire prospective. Il s'agit des choses que l'on doit faire dans un futur proche. Les problèmes dans la mémoire prospective sont très handicapants dans la vie de tous les jours.

Ø  Des séquelles comportementales : fonctions exécutives

On constate des problèmes émotionnels : repli sur soi, plainte somatique, anxiété, dépression

Des problèmes sociaux dus aux troubles de la pensée et de l'attention.

Les enfants avec traumatisme crânien peuvent avoir des problèmes de comportement voire présenter des changements de personnalités qui se manifestent de différentes façons : commentaires ou actions socialement inadaptés, agressivité et accès de colère, apathie, irritabilité, désinhibitions, labilité, manque d'autocontrôle.

3.       Les séquelles constatées à long terme  (>un an après traumatisme crânien)

Ø  Des séquelles cognitives

§  QI : l'âge de la lésion est un facteur important. Chez les petits on constate une chute initiale, puis une légère remontée à un an, puis à nouveau une chute importante.

En conséquence, les séquelles ne se manifestent pas tout de suite. Il faut les suivre plus longtemps pour pouvoir les apprécier, alors que chez les plus grands il y a une stabilisation.

QIV : on est toujours en dessous du niveau attendu. Il n'y a pas de grandes différences entre un traumatisme crânien grave et modéré.

QIP : idem mais il existe un des différences en fonction de la gravité du traumatisme crânien. On note qu'il est inférieur à la normale.

§  Langage : traumatisme crânien grave et modéré sont très inférieurs au niveau attendu : difficultés pour résumer une histoire entendue, se rappeler des choses dans l'ordre et au bon moment, répéter des chiffres ou des mots immédiatement sans autres activités en parallèle

Ø  Des séquelles comportementales :

§  Scolarité : à trois ans de distance du traumatisme crânien 38,5 % des traumatisme crânien Graves bénéficient d'une éducation spécialisée. À cinq ans de distance, seulement 34 % des enfants se retrouvent en milieu scolaire normal.

2.       Certains facteurs vont influencer  plus ou moins le pronostic d'avenir :

§  L'âge au moment du traumatisme crânien :

Plus les enfants sont jeunes au moment du traumatisme crânien plus le devenir est compromis. En fait, toutes les études cliniques concluent au fait que plus l'enfant est jeune au moment de l'atteinte, moins bon est le pronostic si l'atteinte initiale est diffuse ou bien si les lésions concernent des zones stratégiques comme le lobe frontal et ses principales connexions. En effet, les acquis au moment de l'accident sont minimes et les lésions altèrent les capacités d'apprentissage. A l'impact immédiat des lésions vont s'ajouter un effet à retardement par défaut d'apprentissage et l'enfant ne sera pas celui qu'il aurait du devenir. Il ne s'agit pas d'un retard mais d'un décalage.

§  La gravité du traumatisme crânien :

Les enfants les plus jeunes avec des traumatismes crâniens graves ne présentent pratiquement pas de récupération (par contre, l'âge de survenue du traumatisme crânien n'est pas lié à l'évolution, chez les traumatismes crâniens Modérés ou Légers)

§  L'état antérieur :

Il est important sur les séquelles cognitives : les performances  avant le traumatisme crânien expliquent plus de 50 % de la variante pour la lecture, l'épellation et le calcul après le traumatisme crânien

§  L'environnement :

La variable qui explique le plus le QIV après le traumatisme crânien et son évolution est le niveau socioprofessionnel des parents (récupération plus importante dès lors que l'enfant est issu d'un milieu social favorisé).

Maître Christine CERVERA-KHELIFI, Avocat au barreau PARIS


Les derniers commentaires (1)
Maman Lounis 3 ans a écrit le 13/06/2017 à 00:33:45
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Un très grand bravo et merci pour votre publication. Notre petit de 3 ans à été violemment percuté par un chauffeur, votre article à répondu à bcp de mes interrogations, même si les réponses sont déprimantes.

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