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Allocation chômage : une hausse insuffisante...

Publié par Sarah SOMATRI le 30/06/2010 | Lu 667 fois | 0 réaction

Après de rudes négociations, les syndicats de salariés ont fini par céder. L'allocation chômage augmentera finalement que de 1.2% au 1er juillet 2010. Alors que le patronat proposait de revaloriser les allocations chômage de 1,2%, les syndicats de salariés n'ont pas réussi à obtenir ce qu'ils voulaient, soit une hausse des allocations chômage d'au moins 2%. Pourquoi ? Parce qu'en votant contre une hausse de 1,2%, ils auraient pris le risque qu'aucune revalorisation ne soit mise en oeuvre. Alors, les syndicats de salariés n'étaient-ils pas impuissants face à la proposition des patrons, qu'ils jugeaient insatisfaisante ?

Hier, le conseil d’administration de l’UNEDIC a décidé de revaloriser de 1,2% les allocations chômage. Finalement, la hausse votée est supérieure à la revalorisation du SMIC (+0,5% au 1er janvier 2010), tout juste suffisante eu égard aux prévisions du gouvernement, mais très insuffisante si l’on retient les résultats annoncés par l’INSEE.

Trois syndicats de patrons ; le Mouvement des Entreprises de France (MEDEF), la Confédération Générale du Patronat des Petites et Moyennes Entreprises (CGPME), et l’Union Professionnelle Artisanale (UPA), avaient proposé une revalorisation de 1, puis de 1,2% de l’allocation chômage.

Face à eux, les cinq syndicats de salariés qui siègent à l’UNEDIC s’étaient divisés. Précisons que l’UNEDIC est une association de la loi 1901, dirigée par les partenaires sociaux, qui est chargée de gérer l’Assurance chômage. D’un côté, la Confédération Française Démocratique du Travail (CFDT), la Confédération Française de l’Encadrement – Confédération Générale des Cadres (CFE-CGC), la Confédération Française des Travailleurs Chrétiens (CFTC) et Force Ouvrière (FO) réclamaient une revalorisation de 2% du montant des allocations chômage. Et de l’autre, la Confédération Générale du Travail (CGT) se démarquait en revendiquant une hausse de 5% de ces allocations.

Les organisations patronales se montrant inflexibles, les quatre syndicats précités se sont mis d’accord pour demander une hausse des allocations chômage de 1,65%. Encore une fois, la CGT a demandé plus ; une hausse de 2%. Car, pour les syndicats de salariés, il n’était pas question que l’allocation chômage n’augmente pas assez pour compenser l’augmentation du coût de la vie, due à l’inflation. Il faut savoir que, selon l’Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques (INSEE), le taux d’inflation s’élèverait à 1,6% en 2010, ce que dément le gouvernement, estimant que ce taux ne serait que de 1,2% en moyenne.

Le patronat a finalement mis au vote une hausse de 1,2%. Les syndicats se sont abstenus. La CFDT a ensuite expliqué qu’un vote contre aurait entraîné un « risque de non-décision du conseil d’administration et donc aucune revalorisation des allocations chômage ».

Lorsqu’on sait que les syndicats de salariés se sont abstenus pour éviter qu’aucune revalorisation n’ait lieu, on peut légitimement se demander si les conditions de négociations sont équitables… Le rapport de force entre les syndicats de patrons et les syndicats de salariés n’est-il pas complètement faussé eu égard à la conjoncture actuelle ?