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« Entre nos mains » : le rachat d'une entreprise par ses salariés au cinéma

Publié par Documentissime le 07/10/2010 | Lu 7248 fois | 2 réactions

Histoire vraie : Orléans, une entreprise de lingerie est en faillite et ses salariés vont tenter de la reprendre sous forme de Société Coopérative et Participative (Scop). Dans cette aventure, elles (ce sont majoritairement des femmes) vont devoir faire face à leur patron, à la réalité du marché et des contraintes économiques. Une aventure sur fond de crise, suivie et réalisée par Mariana Otero, sortie mercredi au cinéma. « Entre nos mains » nous invite à suivre le chemin semé d'embuches de ces salariées pour tenter de reprendre leur entreprise.

L’histoire vraie

L’histoire semble tristement banale : une entreprise de lingerie est en faillite. Et ses salariés vont tenter de la reprendre sous forme de Société Coopérative et Participative (Scop). Dans cette aventure, elles vont devoir faire face à leur patron, à la réalité du marché et des contraintes économiques.

Les salariés, pour la majorité des femmes, seront d’abord enthousiastes, puis viendront les questions et les hésitations. Dans un décor fait de petites culottes en dentelle, pour Mariana Otero, la réalisatrice, « C'est une sorte de comédie politique et économique, où se mêlent à la fois un ton grave et léger ». Osciller entre un sujet grave et des instants légers, une histoire de la vraie vie en somme...

« Entre nos mains » nous invite à les suivre sur le chemin semé d’embuches de la reprise de leur entreprise. Une histoire vraie, un film dans l’air du temps et pas cucul pour un sou, à voir absolument.

On y dénonce le pouvoir de vie ou de mort des grosses enseignes sur les plus petites, le peu de courage des institutions confrontées à une SCOP, on y découvre l’entreprise vue coté salariés, et on prend conscience de la valeur du travail, de son travail.

L’ancien patron, confronté lui aussi à toutes ces questions, a refusé d’apparaître à l’écran, mais a autorisé le tournage.

La démocratie appliquée au monde du travail : une petite révolution. Immersion totale dans une entreprise en faillite : ça tourne !

Qu'est ce qu'une SCOP? 

La Scop (Société Coopérative de Production) est une société commerciale qui a une particularité : les salariés sont associés majoritaires de l'entreprise dont ils détiennent au moins 51% du capital.

En étant associés majoritaires de la Scop, les salariés (qui sont tous associés) décident ensemble des grandes orientations de leur entreprise et désignent leurs dirigeants (gérant, conseil d'administration, etc.) : ce qui laisse une grande liberté aux salariés pour organiser le fonctionnement de leur entreprise (et peut donner lieu à des débats passionnés !).

Les salariés décident également du partage des bénéfices. Bénéfices qui ont pour vocation de privilégier ceux qui travaillent dans l'entreprise, sous forme de participation, d'intéressement, voire de dividendes, et aussi de constituer des réserves qui consolident les fonds propres et garantissent la pérennité de l'entreprise.

Enfin, selon scop.coop, « l'esprit Scop favorise l'information et la formation des salariés, condition nécessaire pour acquérir l'autonomie, la motivation et l'esprit de responsabilité que requiert un monde économique devenu incertain. »

Le principe en matière de vote est « une personne = une voix », quel que soit le montant du capital détenu. Ce qui signifie en pratique que si l’un des salariés détient 37 % de l’entreprise, sa voix n’a pas plus de poids que celui qui ne détient que 3% de l’entreprise.

Pour la réalisatrice du film, « d'un point de vue économique, les Scops résistent souvent mieux aux turbulences et aux crises, du fait de l'engagement de chacun dans l'activité de l'entreprise, mais aussi parce qu'une grande partie des bénéfices sert non pas à rétribuer les actionnaires, mais à alimenter un fond de réserve qui leur permet de faire face en cas de difficulté ».

Elle continue en affirmant que « la Scop redonne du sens au travail. Les salariés savent pourquoi ils viennent. Ils connaissent les tenants et les aboutissants de leur tâche. Ils s'intéressent davantage au processus et ont l'impression de participer à quelque chose de commun ».

Une belle idée, mais aussi un projet viable économiquement ?

Il existe 2 000 SCOP en France qui emploient 40 000 personnes. Leur chiffre d'affaires global aurait augmenté de 2,6 % entre 2007 et 2008.

La SCOP la plus connue est le rachat de Brandt par Fagor en 2005 (140 licenciements). Cette aventure a été reprise dans le film « Les Fagor et les Brandt » primé au concours du film de l’économie sociale en 2008.

Et qui sait, « Entre nos mains » pourrait donner des idées à d’autres salariés ?


Les derniers commentaires (2)
Zorro a écrit le 07/10/2010 à 19:04:52
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A la fin de l'article, on parle de "la SCOP la plus connue en France" : FagoBrandt.
Il faut rétablir la vérité : La Sté FagorBrandt est née après le rachat, par la Coopérative Espagnole FAGOR, de l'ancien Groupe Franco-Israélien ElcoBrandt. Ainsi, la Sté FagorBrandt est une filliale française de FAGOR.
MAIS Fagor, qui est effectivement une Coopérative d'ouvriers et de salariés EN ESPAGNE, quand elle achète des Sté en dehors de l'Espagne ne transforme pas ces Sté en coopératives !! Pas fous !! Ils se gardent les bénéficent pour eux, et en cas de pertes, et bien ils délocalisent, licencient ou ferment ces Sociétés comme n'importe quel bon capitaliste !!! Donc malheureusement pour ses salariés, non, FagorBrandt n'est pas une SCOP, mais une entreprise bien classique, et bien secouée comme beaucoup par le marché libéral européen et ses gouvernements capitalistes...
ocktane a écrit le 09/10/2010 à 10:45:07
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Bonjour Zorro,

je te donne raison sur 90% de ton commentaire, les 10 méritent des petites précision tout de méme....
éffectivement, FAGOR est bien une coopérative en espagne et ne transfert pas son modéle dans les autres pays de son implantation, mais en France, des questions se sont posées lors du rachat de ce dernier.
il y avait sur la table des négociations, la possibilité de passer en coopérative en France.
malheureusement (ou heureusement , ca je ne sais pas???...) les Syndicats francais n'ont pas vouluent faire passer ce modél en france.
ce changement a fait réfléchir ceux qui voulaient passer en scop et les autres...
je t'invite a aller voir sur WIKIPEDIA, en tapant corporation mondragon ou en copiant le lien ci joint: fr.wikipedia.org/wiki/Corporation_Mondragon.
objectivement, c'est trés intérressant.

salutation

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